«Maximus» a disparu de la fourrière cantonale de Genève. Sans autorisation aucune, son maître, Pascal, est allé le récupérer dimanche dernier! Suspecté d'avoir pincé un policier et mordu un fox-terrier, le molosse devait être euthanasié sur décision de l'Office vétérinaire cantonal. Séquestré depuis août 2006, «Maximus»
a pourtant obtenu un sursis du Tribunal fédéral (TF). Il lui a accordé la vie sauve en attendant qu'une évaluation comportementale soit effectuée.
Mais l'arrêté stipulait aussi que Pascal ne serait plus jamais le maître de ce chien... «Ce n'est pas à la justice de décider si je suis son maître, dit Pascal. Je n'en pouvais plus de voir mon chien dans une cage minuscule.» Selon lui, le chien aurait même été maltraité.
«Max» retournera en Italie
«Quand «Max» était à la fourrière, j'allais tous les deux jours l'observer, raconte Pascal. Je me postais dans la forêt, et je le regardais avec mes jumelles, pour voir comment il allait. Je n'ai jamais eu le droit de l'approcher. A plusieurs reprises, j'ai averti le personnel que personne ne tuerait mon chien.» Est-ce la raison pour laquelle Pascal a trouvé les portes de la fourrière ouvertes ce week-end? Nul ne peut le dire. «Samedi, quand j'ai vu que les portes n'étaient pas fermées, je suis entré, j'ai sorti «Max» de sa cage pour le tester. Son comportement était nickel. Dimanche, même topo. Sauf que cette fois, je l'ai embarqué avec moi. Depuis, il est dans un endroit sûr. «Max» est né en Italie et il y retournera. Je suis prêt à tout pour lui.»
Contacté, l'Office vétérinaire cantonal (OVC), qui a la responsabilité de la fourrière, refuse de donner sa version des faits. En effet, il a porté plainte pour vol auprès de la police. Quand aux allégations de Pascal sur la maltraitance, l'OVC nie. «Le chien était détenu dans des conditions conformes à la législation sur la protection des animaux.» Et l'OVC de rappeler que même si le TF demande une expertise du molosse avant son euthanasie, il interdit à Pascal de posséder le moindre chien durant cinq ans.
Mais ce dernier compte bien montrer «Max» à un vétérinaire: «Vous voyez bien comme mon chien boite, s'emporte Pascal. «Maximus» a 5 ans, mais on dirait qu'il en a 15! Sur les pattes il y a des trous. Je ne peux pas l'expliquer sinon par des mauvais traitements.» Mais pourquoi maltraiter ce chien? «Je pense qu'on a voulu le rendre agressif pour que l'évaluation donne de mauvais résultats.»
Pascal nie tout ce qui est reproché à «Maximus»]
Pour Pascal, «Maximus» n'a jamais été agressif. Il n'a ni mordu un autre chien, ni pincé un policier. Pourtant, le Tribunal administratif a condamné le chien. «Peut-être que mon lourd passé judiciaire a joué un rôle dans la condamnation de mon chien. Mais il est innocent. Grâce à lui et à mes enfants, j'ai retrouvé le droit chemin.»